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Dr. Georges Alula, entrepreneur, inventeur, ancien candidat à la présidence de la RD Congo en 2006 (Mai 2007)
 
 
1. Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Avant tout, permettez-moi de vous remercier pour cette opportunité de m’adresser à vos internautes et vos lecteurs.

Je suis Georges Alula, congolais, aîné d’une famille de 5 enfants. J’ai deux sœurs et deux frères.

Mon parcours initial a été un parcours ordinaire mais plutôt calqué sur l’histoire politique de mon pays. En effet, je suis né à Kisangani dans la province orientale, il y a de cela 50 déjà presque, au mois de juillet. J’ai commencé ma formation à l’école des frères maristes à Kisangani puis la première guerre de rébellion qui a frappé l’Est du pays en 1964 a conduit ma famille à quitter Kisangani pour Kinshasa. Ainsi, j’ai pu reprendre ma scolarité à l’école Christ-Roi dans la commune de Kasa-Vubu. Ensuite, j’ai été à l’école Saint Gabriel de Yolo-Nord - dans la classe de Monsieur GEFI (Georges Finda - à qui je rends hommage tout comme à tous ceux qui m’ont enseigné durant mon parcours primaire, secondaire ou universitaire) où j’ai obtenu mon certificat sélectif. Ensuite, je suis rentré à l’Athénée de la Gombé où j’ai eu mon brevet puis mon diplôme d’état dans la section scientifique – option : Bio-chimie.

Puis j’ai bénéficié d’une bourse d’études du Conseil Exécutif (gouvernement) pour poursuivre mes études en Belgique. Je suis Ingénieur Industriel formé successivement à Mons à l’ISIEM puis à l’ISIB à Bruxelles. Ma spécialité est la chimie industrielle et j’ai fait mon mémoire de fin d’études en chimie nucléaire. J’ai complété mon cursus, en France, par un Diplôme d’Etudes Approfondies en chimie-moléculaire et un doctorat en Pétrochimie. Je dirais que le sort m’a poussé jusqu’à avoir un diplôme de gestion d’entreprise puis un autre mastère en génie-logicielle de Télécom-Paris.

Enfin côté professionnel, j’ai démarré ma carrière dans le cadre du CNRS (Centre national de la Recherche scientifique en France) puis après mon doctorat, je suis entré chez Alcatel Câble en qualité de Chef de Projet, Après je suis devenu Consultant. J’ai été Administrateur du système d’information boursière pour la Banque Société Générale avant d’entrer chez Renault Automobiles où, j’ai passé près de cinq ans à m’occuper d’un périmètre de près de 1.600 personnes. Enfin, j’ai créé et lancé ma société Lupsor System Inc. aux USA dont je suis l’actuel Président Directeur Général depuis octobre 1998.

2. Vous avez accompli maintes réalisations jusqu'à présent. Quels ont été les facteurs-clés de vos accomplissements ?

Rome ne s’est pas construit en un jour tout comme ce à quoi vous faites allusion m’a pris beaucoup d'années à accomplir.

Je dirais que le plus important, c’est surtout de chercher à savoir ce que l’on veut dans la vie. On n'a pas toujours ce que l’on veut, me dira t-on, mais c’est en se trompant et en rectifiant que l’on se perfectionne.

Il faut de l’ambition mesurée et accessible.

Si j’étais en Amérique, je dirais qu’il faut avoir un rêve. Rêver de ce que l’on veut devenir et réunir les moyens pour parvenir à ses objectifs. Souvent nous sommes les responsables de notre propre freinage.

Quand j’ai commencé ma carrière, les congolais « Chef de Projet » dans l’une des 500 premières entreprises mondiales, ne se comptaient qu'au bout des doigts et encore, cela faisait exception. Mon parcours professionnel a été accompli dans les 100 premières fortunes mondiales. J’ai travaillé pour le quatrième constructeur automobile dans le monde. Cela n’aurait pas été possible, si je n’avais pas commencé par refuser de me bloquer dans la perspective des boulots de survie dans lesquels étaient enfermés mes aînés.


J’ai écrit plus de 400 lettres de demande d’emploi – manuscrites – pour décrocher mon premier poste chez Alcatel. J’ai répondu à plus de 70-80 entretiens d’embauches sans succès, mais je n’ai condamné personne. J’ai persévéré dans ma recherche. Et lorsque j’ai perdu l’opportunité de rentrer au Commissariat à l’énergie atomique en France, j’ai décidé de m’adapter au marché du travail.

Ainsi, je me suis lancé dans la préparation d’un mastère en Informatique qui m’a permis, par la suite, de signer mon premier contrat. Les obstacles de la vie sont faits pour être surmontés. Il faut savoir reculer pour mieux sauter. Chaque individu étant différent, il ne faut pas généraliser son cas ou les difficultés des autres pour se consoler et renier à la bataille.


Mais, je me permettrais de dire que je suis fier de la nouvelle génération – de la diaspora - que l’on voit de plus en plus assumer des fonctions et travailler au niveau de leur formation, et ceci sans complexe. Nous avons des jeunes africains ou congolais que l’on trouve aujourd’hui que ce soit dans la fonction administrative, commerciale voire en Ingénierie industrielle.


La preuve, Celong Connexions n’a rien à envier aux initiatives des jeunes des autres parties du monde.


3. Quels sont vos rôles et responsabilités actuels ? Quel est votre apport à notre société ?

Mon leadership m’a permis de prendre la tête d’un mouvement politique, qui n’est pas arrêté, qui m’a amené à sacrifier les activités de ma société pendant près de 3 ans, le temps du montage de notre campagne pour l’unification et la défense de l’intégrité nationale du Congo.

Après cet épisode, je suis actuellement concentré sur les moyens d’apporter une aide matérielle à mon pays par ma contribution à l’effort de reconstruction. Je me suis aussi focalisé pour apporter des résultats concrets qui puissent réellement bénéficier au pays et à la population.

Je parle peu car je ne dis que ce que je peux faire et je fais ce que je dis. Ma parole m’engage. J’essaie, en attendant, d’apporter ma contribution intellectuelle à l’amélioration de l’intelligence collective pour le bien-être général. Je me prépare à rentrer au pays dans les prochains mois. Prions Dieu pour que la situation se stabilise et que les libertés individuelles soient mieux garanties.

Mon rêve est de voir mon invention, le système de pare-soleil anti-éblouissement, incorporée dans les voitures à travers le monde.


4. Comment arrivez-vous à concilier votre vie de famille et votre vie professionnelle aussi chargée ?

Ce n’est pas toujours facile. Parfois la famille paie un grand coup lorsque l’on est un homme dont le destin se confond avec la charge de travailler pour la communauté.

Lors du génocide du Rwanda, j’ai mené une opération pour apporter une aide aux orphelins du Rwanda et j’ai fini par être surpris par ma fille qui m’a carrément demandé : « Papa, tu habites où maintenant, on ne te voit plus ». Depuis ce jour, je me suis résolu à balancer la part de la famille et celle des mes lourdes charges. En gros ça va. J’arrive à mieux m’équilibrer psychologiquement car sans soutien familiale, il est très difficile d’accomplir certains challenges.

La famille est précieuse, il faut tout faire pour leur accorder le temps pour ne pas se réveiller trop tard…


5. Quel est pour vous le sens de la vie et quels conseils donnez-vous à notre nouvelle génération ?

Votre question est complexe mais je tâcherai d’y répondre car il s’agit de ma perception.

Je mène ma vie autour de l’amour, le pardon et la simplicité. Je pense que la vie peut-être simplifiée lorsque l’on est conscient des ses moyens, ses capacités et que l’on ne se trompe pas soi-même.

Après coup, je dirais, la vie est difficile mais cela vaut la bataille. Je crois aussi que la jeunesse est une opportunité de choix. Le choix de devenir qui on veut. A condition d’en faire le sacrifice. Tout ceci peut paraître facile à dire et d’autres qui me lisent ont une épreuve ou traversent des moments si dures que ces paroles n’ont pas de sens.

Et pour le jeunes qui me liront à partir du pays, je dirais ceci, vous avez hérité d’un pays en décadence, mais c’est par vous et avec vous que les choses doivent changer. Il est impérieux d’avoir un rêve pour votre futur. Que personne ne tue votre espoir. L’espoir est indispensable pour atteindre vos objectifs. Enfin, je prie Dieu pour qu’il vous bénisse et vous donne la force d’affronter l’avenir avec confiance et espérance.

Eh bien à 50 ans proches, je dirais que Dieu est Grand, il ne laisse pas tomber ses enfants. Moi, j’ai été orphelins de père et de mère dès l’âge de 12 ans … et j’ai accompli ce chemin grâce à lui.

Merci à Celong Connexions pour cet entretien – à une prochaine occasion. « Restons Connectés. Ensemble, impactons le monde ! »

Veuillez bien cliquer sur ce lien pour avoir plus de renseignements sur Dr. Georges Alula : www.unic2005.org


Ci-dessous quelques extraits d'articles
 
 
 
 
 
Black Match International no3 Mai-Juin 1998