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 Gisèle Voumbo, ingénieure civile d'origine congolaise (Décembre 2007)
 
 
1) Bonjour, Gisèle. Parlez-nous un peu de vous? Quel a été votre parcours ?
 
Mon nom est Gisèle Voumbo Ossambia, Gigi est mon petit nom. Je suis née à Kinshasa le 4 août 1975, je suis donc congolaise. Je suis mariée et mère de 3 garçons de 9,7 et 2 ans. Je suis chrétienne pratiquante. J’ai terminé mes études primaires et secondaires à Kinshasa avant de m’envoler pour le Canada en 1993. En 1998, j’ai terminé ma formation en Génie Civil à l’Université de Sherbrooke. A la fin des mes études, le domaine de la construction était très stagnant au Québec. Il n’ y avait pas beaucoup d’opportunités d’emploi. Ce n’est qu’en 2001 que j’ai pu trouver un emploi au Ministère des Transports du Québec en tant qu’ingénieure civile pour l’exploitation du réseau autoroutier. Entre 1998 et 2001, ce fut long… Je gardais espoir étant chrétienne, je savais que ça finirait par s’ouvrir. Donc j’ai eu mes deux premiers garçons en 1999 et en 2000…

J’ai travaillé au Ministère des Transports jusqu’en 2006 pour revenir vivre au Congo. Ce fut un choix de vie et nous avons voulu revenir vivre ici chez nous. Dans le but de me recycler, je suis retournée au Canada en 2006-2007 pour une formation supplémentaire en Conception et réhabilitation des infrastructures à l’ETS à Montréal. Avant la fin de ma formation, j’ai été appelée par l'UNICEF-RDC, suite à un recrutement, pour y travailler dans la construction et réhabilitation des écoles. Depuis mai 2007, je travaille donc ici à Kinshasa pour UNICEF en tant qu'ingénieure civile ayant comme fonction : Administrateur adjoint chargé des réhabilitations.


2) Quels sont les challenges que vous avez rencontrés et comment les avez-vous surpassés ?
 
Lorsque j’ai été engagée au MTQ, j’habitais à Montréal et le poste se trouvait dans la ville de Joliette à 80km de Montréal. Je devais donc faire 160km aller-retour chaque jour pour aller travailler. Ce fut difficile au début mais je voulais tellement ce travail que j’ai accepté car je savais qu’une fois dans l’organisation je pouvais ensuite aller ailleurs…. Durant les premiers mois, je quittais ma maison le matin à 5h45 pour arriver au bureau à 8h. Je revenais chez moi à 18h tous les jours. Par la suite, avec une voiture c’était 1h pour l’aller et une heure pour le retour. J’ai pu obtenir une affectation à Montréal en 2002 exactement une année après. Au fait, dans la vie il faut être déterminé et accepter de faire des sacrifices avant d’atteindre nos objectifs. Il y a toujours un prix à payer pour tout. Je n’ai pas connu le racisme; dans mon cas, tous mes collègues de travail ou supérieurs ont toujours été plus que corrects avec moi. Au point que lorsque j’ai informé mon supérieur de mon intention d’être affectée à Montréal, il s’est mis à appeler ses collègues en ma faveur…

3) Quel est votre apport particulier dans le monde dans lequel nous vivons ?

Dans le domaine professionnel, j’espère toucher des milliers de vie d’enfants en leur permettant d’avoir les meilleures conditions d’apprentissage scolaires pour partir du bon pied dans la vie. Pour ce faire, je me dois d’être consciencieuse dans mon travail, pour livrer les meilleures écoles possibles avec de bonnes conditions… Dans le domaine social, je souhaite aider mon prochain pour améliorer un temps soit peu les conditions de vie (eau potable, hygiène etc.) Je souhaite et projette également de créer des emplois dans mon milieu de vie, dans mon pays…

4) Quel est pour vous le sens de la vie ?

La vie est un voyage qui a un début : notre naissance, et une fin : notre mort. Il nous faut savoir comment utiliser à bon escient cette intervalle de temps qui nous est impartie à vivre sur la terre. Malheureusement, nous n’avons aucun pouvoir sur les limites de ce temps. Lorsque nous préparons nos vacances, nous achetons un billet aller-retour sachant le début et la fin. En plus pour ceux qui sont organisés, ils préparent le calendrier des activités pour chaque jour afin de ne pas perdre un seul instant… Pourquoi ne pas faire de même pour notre vie dont nous ne maîtrisons pas la durée ? Nous pouvons choisir de posséder et d’amasser des richesses sur la terre, le pouvoir, l’élévation etc. Ce n’est pas mauvais mais si en fin de compte dans notre cœur nous sommes vides sans vie ?? Choisissons la vie éternelle qui est en Jésus-Christ afin de ne pas avoir à rougir en ce Jour-là. J’ai perdu ma sœur aînée, elle n’avait que 30 ans, ma grand-mère avait déjà 63 ans. Et moi, et toi ? Combien de temps encore ?

5) Et pour terminer, quel est votre message d'encouragement pour notre nouvelle génération ?

Je suis triste de voir que la nouvelle génération soit aussi perdue. Celle qui vit en occident surtout en Europe est victime de racisme et d’intolérance à cause de la couleur de leur peau. Souvent au lieu de répondre à ces attaques par la connaissance on répond par la violence, la drogue, la prostitution etc… Et les jeunes préfèrent souvent abandonner la scolarisation car ils se voient condamner d’avance sans issue de sortie. Je leur dit qu’il est possible d’y arriver en ayant un rêve et la détermination quoiqu’il en coûte. Il faut savoir faire des sacrifices pour obtenir ce que l’on veut. Il faut savoir sacrifier quelques années de sa vie dans l’apprentissage pour pouvoir prétendre à trouver un travail… Je dis également à cette génération que l’Afrique a besoin de tous ses fils !!! Si nous nous mettons ensemble pour bâtir notre continent les futures générations n’auront pas besoin d’aller vivre en occident. On est mieux que chez soi. Merci à Celong connexions !

© Celong connexions - Décembre 2007