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Mahamadi Savadogo, dit « Khadafi », à la tête d’une galaxie de plus de 6 entreprises leaders au Burkina Faso
 

 

Mahamadi Savadogo dit « Khadafi » a su s’imposer dans le paysage économique de son pays le Burkina Faso en moins de deux décennies.


Un an après son baccalauréat obtenu en Lybie, Mahamadi Sawadogo arrête ses études pour raison familiale. Ce temps passé en Lybie (1978-1982) lui aura permis de tisser de solides relations dans le milieu des affaires libyens et de maîtriser parfaitement la langue de Shakespeare et l’Arabe.
 

De retour au Burkina Faso, il s’investit dans les affaires de son père, El Hadj Ali Savadogo. Ce dernier suivant la tradition familiale s’était spécialisé dans la vente de la kola et du sel. C’est aux côtés de son père qu’il apprend les différentes techniques commerciales. Mais l’homme, aux grandes ambitions, décide de voler de ses propres ailes et de s’ouvrir à l’international. Il a alors 25 ans.

De part sa situation géographique enclavée, le Burkina importe la plupart des produits par les pays limitrophes ayant une ouverture sur la mer. Fort de ce constat, Mahamadi Savadogo après une escale dans la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou, s’installe à Lomé puis à Lagos.

Cependant de nombreux commerçants Burkinabés s’étaient déjà installés avant lui dans ces capitales. Face à cette concurrence, Mahamadi Savadogo en bon commerçant compris que pour prospérer, il faut avoir un avantage comparatif par rapport à ses concurrents. Nul besoin de faire l’analyse de Porter à Harvard Business School pour comprendre ces principes.


C’est ainsi qu’il entame des voyages en Asie, Hong Kong et Singapour. Il y achète des produits de grande consommation qu’il revend à bon marché chez lui au Burkina Faso. Hong Kong lui servait de point d’approvisionnement pour les produits chinois. A l’époque la Chine ne s’était pas ouvert au monde. Mahamadi Savadogo importe des lampes torches, des habits, du matériel électroménager…

Du statut d’entrepreneur individuel, Mahamadi Sawadogo va construire en une décennie un groupe multisectoriel, le Groupe SIMAF International.
Ce groupe est composé à ce jour de six (06) entités allant du Transport des Biens, de l’Hydrocarbures aux grands travaux (Bâtiment Génie Civil…) en passant par l’hôtellerie, le Marketeur.

A l’origine de la création de ce groupe en 1983, le partenariat mis en place par Monsieur Savadogo avec une filiale de la CFAO pour importer des pièces détachés de deux roues. Nous connaissons tous l’attirance du Burkina Faso pour le transport en deux roues. La forte demande en pièces détachés  fut un tournant pour la carrière de Monsieur Savadogo.


« Plutôt que des pièces, j'ai pensé qu'il valait mieux importer des vélos entiers. » Fort de ce constant il commence à importer d’Asie (Inde, Chine) des vélos bon marché, plus adaptés au Burkina Faso que les vélos fabriqués en France.

Ce changement de fournisseur a été en partie dicté par la dévaluation du Franc CFA qui doublait le prix des produits importés de France.

En 1988, Mahamadi Sawadogo crée la société de transport « Les Rapides ». Celle-ci est spécialisée dans le transport des hydrocarbures, le transport de marchandises et produits divers (produits alimentaires, bétail, matériel de construction).
« Aujourd’hui, j’ai un parc d’une centaine de véhicules, toutes catégories confondues, qui roulent en permanence », dit-il avec fierté.

En plus de cette activité, Mahamadi Sawadogo s’investit dans la distribution de marques étrangères.
A la recherche de nouveaux véhicules pour remplacer son parc de taxis, Monsieur Savadogo croise la firme automobile coréenne Daewoo. Cette dernière lui propose des véhicules moitié moins chers que les taxis Volswagen qu’il exploitait.

Cette rencontre permis à Monsieur Savadogo de comprendre le grand intérêt d’être le distributeur officiel de cette marque au Burkina Faso.

En 1997 à la suite d’un voyage du Président Blaise Compaoré en Corée, auquel il participe, l’accord de partenariat est signé. Cette activité cessa avec la faillite du groupe Daewoo. Aujourd’hui son groupe est distributeur officiel des marques Honda (Japon) et SsangYong (Corée).

En 1998 il fonde la société SODIREM. De la représentation des automobiles de marques Honda, SsangYong ; la SODIREM est aujourd’hui importatrice et distributrice des pompes à hydrocarbure de marque GILBARCO WEEDER – ROOT, de machines agricoles, du matériel électroménager ; d’engins lourds pour travaux publics et accessoires.

Toujours à l’affut de nouvelles opportunités, notre homme créé en 2001 la société PETROFA grâce à la libéralisation du secteur des hydrocarbures. Monsieur Savadogo passe du transport des hydrocarbures avec sa société « Les Rapides », à la vente de produits pétroliers.

Créée avec une vingtaine de station service la société PETROFA rachète en 2004 les stations de la société Mobil Oil Burkina, portant ainsi à plus de 50 stations la taille de son réseau de distribution. La société développe autour de ses stations de service un véritable cadre de vie avec des services de restauration rapide, de nettoyage de véhicule, de point web de distribution de cash et de transfert d’argent.

Après presque 30 ans de carrière, Mahamadi Savadogo est devenu un des plus grands hommes d’affaires de son pays.


Mahamadi Savadogo, possède également des affaires dans des pays de la sous-région - en Côte d’Ivoire notamment, dans le transport et l’immobilier -. Il regrette que l’intégration des états de l’UEMOA ne soit pas totale. « Etant burkinabé, je subis des tracasseries à Abidjan et ailleurs pour obtenir un agrément. Ce n’est pas normal », fait-il observer.

 

"Kadhafi"’ pense que l’Afrique ne réussira à combler son retard que grâce à une révolution des mentalités. « En Asie, on travaille dans les ports la nuit. En Afrique, dès 17 heures, le client est refoulé. Comment peut-on alors prospérer ? », se demande-t-il.

 
 
 
Par Moussa Gueye - Managers Africains - Juin 2009
Adaptation Celong Connexions