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Samuel Eto'o, né le 10 mars 1981 à Nkon au Cameroun, est un footballeur international camerounais qui évolue au poste d'avant-centre à l'Inter Milan.
 
 
                              
 
Biographie:
 
Ses débuts et ses difficultés

 

À l'âge de 14 ans avec ses frères Étienne et David Eto'o, il débarque en France. Suite à des problèmes administratifs, il ne peut ni aller à l’école ni jouer au football. Après un bref passage à Paris chez sa sœur où il reste la plupart du temps cloîtré, il rentre au Cameroun et intègre la célèbre école de football de la Kadji Sports Academy basée à Douala, capitale économique et principal port d'entrée au Cameroun, où il est repéré par les formateurs du club.

 

L'aventure au Real Madrid

 

Quelques mois plus tard il est à nouveau en France pour des essais au Havre qui ne sont pas concluants. Mais cette fois il repart avec des papiers et un contrat avec le Real Madrid. Il a alors 15 ans.

 

Prêté à Leganes pour la saison 97/98 (club de 2e division espagnole), il joue 28 matches et marque trois fois avant de retourner au Real Madrid qu’il quitte de nouveau après avoir joué un seul match de toute la saison.

 

Le Real prête Eto'o à Majorque puis le vend pour 7,2 M€. Il en garde un profond ressentiment envers le Real. Eto'o passe 4 saisons à Majorque (2000-2004). Il y est titulaire et marque d'ailleurs de plus en plus de buts. En 2003, il remporte la Copa del Rey avec Majorque, en inscrivant notamment deux buts en finale contre le Recreativo Huelva. Lors de la saison 2003/2004, son équipe atteint le 4e tour de la Coupe de l’UEFA. En sélection, lors de la Coupe d'Afrique des nations 2000 et 2002, il assure la domination du Cameroun sur le continent en remportant la compétition.

 

Les années barcelonaises

 

Il est transféré en 2004 pour 24 millions d’euros au FC Barcelone, le club rival du Real Madrid où il devient titulaire immédiatemment.

 

Pour sa première saison, Eto'o marque 24 buts en Liga, 4 en Ligue des Champions, et remporte un titre de champion. De plus Eto'o marque régulièrement contre son ancien club madrilène. Il est élu par les supporters meilleur joueur de l'équipe en cette saison 2004-2005.

 

Malgré la déception liée à l'élimination du Cameroun pour la Coupe du monde 2006, Eto'o est le meilleur buteur ou Pichichi de la Liga lors de la saison 2005-2006 avec 26 buts, 6 en Ligue des Champions dont le but de l'égalisation en finale à un quart d'heure du terme de la rencontre.

 

Lors de la saison 2006-2007, Eto'o se blesse tout seul lors de la rencontre de Ligue des Champions opposant le FC Barcelone au club allemand du Werder de Brême et est indisponible cinq mois. Premier de la Liga au retour d'Eto'o, Barcelone termine toutefois deuxième du championnat.

 

À l'été 2007, Thierry Henry signe au Barça pour jouer au même poste que Eto'o mais ce dernier se blesse en début de saison, lors d'un match amical contre l'Inter Milan. Il revient à temps pour participer à la CAN 2008 avec le Cameroun.

 

Dès son retour sur la pelouse début décembre 2007, il marque en Ligue des Champions contre le VfB Stuttgart et 3 jours plus tard marque un doublé au stade Mestalla contre le Valence CF pour une victoire 3-0. Il finit la saison en ayant marqué 16 buts en 18 matchs de Liga, mais le Barça, pour la deuxième année consécutive, ne remporte aucun trophée.

 

À l'intersaison 2008, le FC Barcelone opère de grands changements durant l'été. Frank Rijkaard est licencié et remplacé par une ancienne gloire du club, Josep Guardiola. Suite à une bonne pré-saison, 8 buts notamment lors des matches amicaux, le nouvel entraîneur du Barça décide de conserver Eto'o.

 

Il marque 30 buts en 36 matchs de championnat. Il inscrit aussi 4 buts en Ligue des Champions, 6 en comptant son doublé à l'aller lors du 3e tour préliminaire contre le Wisla Cracovie.

 

Le 27 mai 2009 à Rome, Samuel Eto'o est l'un des artisans de la victoire du FC Barcelona en finale de la Ligue des Champions. Il remporte en 2009 avec le Barça un triplé historique : Championnat, Coupe d'Espagne et Ligue des Champions. Il aura été une pièce essentielle de l'exceptionnelle saison du club catalan.

 

Il est, avec 130 buts en 200 matchs toutes compétitions confondues (0,648 but par match), l'un des meilleurs buteurs de l'histoire du FC Barcelone et a été élu par les socios meilleur "9" de l'histoire du club.

Inter Milan

Le 27 juillet 2009, en échange de Zlatan Ibrahimović (et 46 millions d'euros), il signe un contrat de 5 ans avec l'Inter Milan. Eto'o porte le numéro 9 à Milan. Pour son premier match officiel, il réduit le score lors de la finale de la Supercoupe d'Italie disputée et perdue contre la Lazio de Rome à Pékin.

Sélection nationale

Avec l'équipe nationale camerounaise Samuel Eto'o a gagné les Coupes d'Afrique des Nations 2000 et 2002, ainsi que les Jeux olympiques de football en 2000.

 

Il débute avec l'équipe nationale lors de la Coupe du monde de football en France, où il joue peu, dans une équipe dominée par Patrick Mboma et François Omam-Biyik.

 

Il joue son premier match face à la Côte d'Ivoire lors de la CAN 2000. Il sera titularisé pendant tout le reste de la compétition, où il marque quatre buts.

 

Entre 2002 et 2006, Eto'o ne marque qu'un seul but dans chacune des compétitions où sont engagés les Lions indomptables (CAN 2002, Coupe du monde 2002, Coupe des Confédérations 2003, CAN 2004).

 

En 2006, Eto'o marque 5 buts en trois matchs lors de la CAN, et son premier triplé avec l'équipe du Cameroun contre l'Angola, mais le Cameroun est éliminé en quart de finale face à la Côte d'Ivoire aux tirs aux buts.

 

Lors de la CAN 2008, Eto'o inscrit 5 buts, finissant encore meilleur buteur, et devenant au passage meilleur buteur de l'histoire de la Coupe d'Afrique des Nations avec 16 buts, le précédent record étant attribué à Laurent Pokou avec 14 réalisations. Le Cameroun perd en finale contre l'Égypte 1-0.

 

Le 12 août 2009 à l'occasion du match amical Autriche-Cameroun, Eto'o obtient le brassard de capitaine de l'équipe nationale succédant ainsi à Rigobert Song qui le cède pour la première fois depuis dix ans.

 

 

Interview:

 

Comment se déroule la journée-type d’un sportif de votre niveau ?

On se lève généralement tôt. On prend le petit-déjeuner au stade, une heure avant l’entraînement. Il est suivi d’une heure et demie voire deux heures d’entraînement. Ensuite, nous déjeunons ensemble au stade avant d’aller nous reposer chacun chez soi. L’après-midi est consacré soit à la musculation avec le préparateur physique ou alors à la mise en place tactique du match à venir avec l’entraîneur. (...)
 
Quel est votre menu type pendant la compétition ?

Nous avons en moyenne deux cents jours de pâtes par an, de riz et de restrictions alimentaires pour maintenir notre poids de forme. Un petit écart et nous le payons cash. D’ailleurs, chaque matin, nous effectuons une pesée avant et après l’entraînement.

Quel est votre poids de forme ?

74 kg.
(...)
 
Vous êtes un battant, certes, mais on vous a vu ébranlé par les actes de racisme et prêt à quitter le stade de Saragosse en février 2006.

ça débordait d’une rage incontrôlable et forcément, de quelque chose d’inacceptable. J’ai acquis la conviction que ceux qui crient et lancent des mots blessants le font parfois par ignorance. J’ai failli quitter le stade, oui, et qui sait, le foot. Mais vous ne pouvez imaginer le réconfort que j’ai reçu de grandes marques comme Nike, Benetton et beaucoup d’autres joueurs comme Carles Pujol, Thierry Henry, Thuram et d’autres. Ils ont mouillé leur maillot pour que le malentendu cesse.
Avez-vous pensé à une grève des joueurs Blancs et Noirs pour manifester votre exaspération collective ?

Non. Nous avons des dirigeants intelligents en clubs ou dans les organisations qui dirigent le football. L’homme noir n’est pas moins homme qu’un autre. Parfois, les Noirs donnent malheureusement l’impression qu’ils sont petits. C’est comme marquer les buts contre son propre camp. Nous avons surtout l’occasion, en donnant le meilleur de nous-mêmes, de dire quel monde nous voulons pour nos enfants.

Quel autre mal guette selon vous le football ?

La contestation des décisions des arbitres est dangereuse. Le football reste un jeu et un spectacle qui ne doivent pas être faussés mais il faut respecter l’arbitre. Lui aussi fait son match dans le match avec sa conscience et tous les yeux braqués sur lui. Il peut, lui aussi rater son match. C’est humainement compréhensible et nous sommes, nous joueurs, mal placés pour lui balancer les pierres. Si un arbitre sort de son match, je ne crois pas, j’espère qu’il ne le fait pas intentionnellement.
 
La vidéo peut-elle atténuer les critiques ?

Je suis contre la vidéo. Il faut laisser les matches se jouer et se décider au vu et au su de tout le monde. La beauté du jeu, c’est le direct, le terrain. Le tapis vert va tuer la dramaturgie du direct. Avec la vidéo, le football n’appartiendra plus aux footballeurs.

 
En pleine action lors de la finale face à Ryan Giggs de Manchester
© getty
 


Si vous n’aviez pas été footballeur professionnel, quel métier auriez-vous aimé exercer ?

Avocat

 

Auriez-vous alors défendu Nelson Mandela ?

Madiba était déjà avocat lui-même et n’avait besoin de personne pour le défendre. Et puis, je ne suis pas né dans la même et terrible époque. Sincèrement, ce sont les petites gens que j’aurais voulu défendre. Je sais d’où je viens et combien il est cruel d’avoir le sentiment d’être peu ou rien.

Vos enfants vous considèrent-t-ils comme un héros planétaire ?

Comme le papa ! Ce sont mes premiers supporters. Ils tiennent à venir au stade.

 
Vous arrive-t-il de les blâmer ?

Oui. Je leur dis toujours qu’il faut savoir rectifier ce qui a été mal fait. C’est ainsi qu’on devient grand et respectable. Rectifier et respecter son prochain ce sont mes deux axes capitaux d’éducation.
(...)
 
Vous avez gagné beaucoup de trophées et d’argent. Vous avez une double réputation : celle de ne pas mâcher vos mots et d’être généreux en diable.

L’important, ce n’est pas ce qu’on donne, mais la joie qu’on transmet. L’expérience accumulée, les trophées gagnés, comme vous dîtes, mais aussi les blessures et les difficultés surmontées m’ont tanné le cuir. D’où mon refus pour tout ce qui peut tirer vers le bas. Si vous observez bien mon parcours, vous verrez que j’ai toujours mouillé le maillot et essayé de réveiller le vestiaire. Après, chacun pense ce qu’il veut.

L’an dernier, le vestiaire du Barça ne bruissait que de remous. Y avait-il une concurrence d’ego entre Ronaldinho et vous ?

Il y avait un souci. Nous nous sommes dits ce que nous avions sur le cœur. Ce que je dois ajouter, c’est que je n’ai pas vu un joueur, de toute ma vie de footballeur, capable de faire ce que Ronnie réalisait avec un ballon. Ceci n’enlève rien aux autres génies en activité. Il faut dire ce qui peut améliorer la performance collective. Je respire et je ne vis que par le but. C’est un don.
 
Et vos points faibles ?

Je connais néanmoins mes limites et travaille pour rester performant et m’améliorer. Regardez ce que je dois parfois endurer en équipe nationale et jouer presque à contre-emploi. Si ce n’était qu’une affaire d’ego, je n’accepterais plus de faire l’accordéon de haut en bas, alors que j’aime naviguer horizontalement et décrocher uniquement en phase ultra défensive. Mais il faut se couler dans le moule collectif jusqu’à un certain point. Je refuse simplement qu’on me marche sur les pieds.

Les phases éliminatoires pour la Coupe du monde sont mal engagées.

Oui, mais il ne faut pas désespérer.

Quels arguments le vice-capitaine des Lions indomptables du Cameroun peut-il utiliser pour galvaniser ses troupes ?

Sortir des querelles inutiles, donner la priorité au terrain. On a un beau et formidable pays. Enfiler le maillot national, c’est avoir envie de se dépasser. Porter sur ses épaules les espoirs de 18 millions de personnes est un honneur. Les Lions doivent rugir de joie et être à la hauteur de l’identification qui se crée autour du maillot. Ça me galvanise.

Et puis, le Cameroun indépendant aura 50 ans l’an prochain...

Raison de plus pour offrir au berceau de nos ancêtres une qualification pour la première Coupe du monde organisée en Afrique. C’est un rendez-vous crucial pour notre continent et pour tous ceux qui voudraient le voir tel qu’il est, c’est-à-dire passionnant et pas seulement moribond et souffreteux.
On ne peut pas nier les maux qui le minent et les maladies qui amoindrissent l’espérance de vie

C’est exact. Mais la Coupe du monde permettra de mettre l’accent sur d’autres éléments valorisants qui ne concernent pas seulement le football. Les supporters qui viendront du monde entier découvriront un continent exceptionnel.

 
Avez-vous une initiative commune des joueurs africains pour vanter les attraits de l’Afrique ?

Cela ressemblerait à une démarche publicitaire. Il faut laisser les gens découvrir la réalité par eux-mêmes. Je crois qu’ils seront agréablement surpris par l’Afrique qu’ils auront sous les yeux.

Vous avez mis la main à la poche en offrant des bourses aux étudiants et en créant un centre de sports-études ouvert aux jeunes à Kribi, au Cameroun.

Difficile de parler de tout ceci, car ça peut faire bombage de torse. C’est vrai que j’ai voulu inciter les jeunes universitaires à poursuivre leur développement personnel grâce à un petit coup de pouce. Mon centre de sports études de Kribi accueille 3000 jeunes dont 14 sont arrivés au Barça. D’autres viendront dans les prochains jours en stage en France et en Espagne grâce à la coopération des autorités consulaires. Je leur tire d’ailleurs un grand coup de chapeau pour la délivrance de visas. Plus ambitieux, est mon projet d’un centre de santé qui commencera au Cameroun et essaimera ensuite sur plusieurs pays africains dont le Rwanda, la Côte d’Ivoire etc. Améliorer notre offre de santé est une condition essentielle pour aspirer au mieux vivre. Une structure de 15 personnes travaille à l’approfondissement de ce dossier.

Trouvez-vous encore le temps avec ces lourds dossiers de penser à Manchester ?

Et comment ! Je respecte ces formidables compétiteurs que nous allons encore affronter et qui sont dirigés par un géant. Mais Pep, tout le monde au Barça et nous les joueurs avons les yeux rivés sur le trophée.

 
© getty  


Que ressent-on quand on gagne une coupe ?

C’est indescriptible. Mais quand on a vécu ça, on ne peut pas être blasé et si on peut le refaire, on fonce. Ma philosophie est simple sur un terrain : tout donner pour ne jamais avoir de regrets.

A qui penseriez-vous en soulevant une deuxième fois la coupe de la ligue des champions ?

Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours mancunien avant de l’avoir terrassé… Ceux à qui je penserai le savent : ma famille, mes enfants, les Africains. Le meilleur gagnera et l’Afrique sera vraiment dans un coin de ma tête.

Et ce sera forcément Barcelone, fort de sa culture particulière faite de confrontation, feinte, estocade ?

C’est flatteur. Mais davantage que cela, ce qui nous caractérise au Barça, c’est vraiment la demande de travailler avec enthousiasme. J’en ai personnellement tiré la conclusion que rien n’est ni difficile ni insurmontable quand on veut éprouver du bonheur et surtout le répandre autour de soi.

On vous présente, et vos performances l’attestent, comme le torero par excellence.

Non, je n’évolue pas dans une arène et ne joue pas ma vie à chaque match. Et puis, sans mes coéquipiers, je ne serai rien. Je suis attiré par le but et je l’ai dans la peau. J’ai eu la chance de jouer dans trois grands clubs : Majorque, qui m’a donné ma chance, et puis les deux monstres sacrés que sont Le Real et le Barça.

Vous exagérez pour Majorque…

Pas du tout. On ne peut jamais dire que la première marche d’un escalier compte pour du beurre. Sinon, il n’y a plus d’escalier. Majorque occupe une place spéciale dans mon cœur et mon vœu le plus cher est de lui réserver au moins ma dernière année de carrière et faire en sorte que la boucle soit bouclée. On dit qu’il faut toujours accorder la dernière danse à la personne qu’on aime.

Interview réalisée à Barcelone par Eugène Ebodé le 25 mai 2009


 

Wikipedia & Grioo
Adaptation : Celong Connexions - Août 2009